Motherboardhttps://motherboard.vice.com/frRSS feed for https://motherboard.vice.comfrWed, 23 Jan 2019 07:30:00 +0000<![CDATA[Des chercheurs ont créé des vaisseaux sanguins humains pour la première fois]]>https://motherboard.vice.com/fr/article/pa579z/des-chercheurs-ont-cree-des-vaisseaux-sanguins-en-laboratoireWed, 23 Jan 2019 07:30:00 +0000Des chercheurs ont fait pousser des vaisseaux sanguins humains « parfaits » dans une boîte de Petri puis dans un animal pour la première fois.

Comme expliqué dans une étude publiée mercredi 13 janvier dans Nature, les organoïdes — des structures multicellulaires conçues à partir de cellules souches pour imiter de véritables organes humains — ont été élaborés après que les chercheurs ont identifié le mécanisme qui prévient les changements dans les vaisseaux sanguins. C'est l'une des causes majeures de mort par maladie, notamment le diabète et Alzheimer.

« Parvenir à construire des vaisseaux sanguins humains sous forme organoïde avec des cellules souches est un énorme pas en avant » explique Josef Penninger, directeur du Life Sciences Institute à l'université de Colombie-Britannique et auteur principal de l'étude, dans un communiqué. « Chacun de nos organes est lié au système cardiovasculaire. [Dès lors,] cela pourrait permettre aux chercheurs de découvrir les causes et traitement d'une large gamme de maladies vasculaires. »

Après avoir « cultivé » les vaisseaux sanguins dans une boîte de Petri, Penninger et ses collègues ont transplanté des organoïdes sur des souris vivantes. Ces organoïdes se sont développés pour devenir des vaisseaux sanguins fonctionnels, ce qui a démontré pour la première fois que des organoïdes vasculaires humains pouvaient grandir dans une autre espèce.

Les vaisseaux sanguins des diabétiques s'épaississent souvent, de sorte qu'ils finissent par empêcher la bonne livraison d'oxygène et de nutriment à l'ensemble du corps. À terme, cela peut causer de graves problèmes aux malades : insuffisance rénale, crises cardiaques, AVC.

Pour tester leur efficacité en tant que remplaçants de vaisseaux sanguins malades, les chercheurs ont placé les organoïdes dans un environnement qui simule un organisme atteint de diabète. Dans leur boîte de Petri, les vaisseaux sanguins ont réagi comme ils l'auraient fait dans un véritable diabétique.

« Nos organoïdes ressemblent beaucoup à des capillaires humains, même au niveau moléculaire » a déclaré Reiner Wimmer, chercheur post-doctoral à l'Institute for Molecular Biotechnology. « Nous pouvons désormais les utiliser pour étudier les maladies cardiovasculaires directement sur des tissus humains. »

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<![CDATA[Le trip report est un genre littéraire à part entière]]>https://motherboard.vice.com/fr/article/j57eqy/le-trip-report-est-un-genre-litteraire-a-part-entiereTue, 22 Jan 2019 09:47:02 +0000« Je me sens dans un état confusionnel intense. Terrassé physiquement, mais c’est super agréable. La colline en face de moi ressemble à un crapaud de plusieurs kilomètres, prêt à engloutir la ville. Et les heures s’écoulent, alternant crises de fous rires et contemplations… » Après une nuit de trip, Flower Power* s’endort dans un champ.

De retour chez lui, il s’empresse de relater son expérience à l'écrit. Il indique les informations de base : « Substance : 4-AcO-MiPT. Dose : 25 mg. Poids : 51 kg. Taille : 1m69. Âge : 26. » Puis les mots s’enchaînent sur son clavier. Flower Power raconte son arrivée sur le lieu, sa prise de drogue, ses sensations, hallucinations… Et balance le texte en ligne. C’est ce qu’on appelle un trip report (TR).

Trois principaux forums francophones sont dédiés à cette pratique : Psychonaut, Psychoactif et feu Lucid-State. C’est joint au bec que Flower Power a découvert leur existence : « En 2006, j’ai commencé à m’intéresser à d’autres drogues que la beuh, à vouloir explorer d’autres effets psychédéliques. » Il s’inscrit et s’imprègne des reports des psychonautes, ces explorateurs des états modifiés de conscience. « Ça m’a permis de rencontrer une communauté érudite, qui m’a fait découvrir et donné envie d’expérimenter un très grand nombre de substances. » Il affirme : « Un report est une source d’information qui me permet de mieux cerner la molécule, de comprendre son univers et de voir si ça pourrait me plaire. »

Avant de servir de référence aux trips récréatifs, les TR ont eu une valeur documentaire pour les scientifiques. Le chimiste bâlois Albert Hofmann, découvreur du LSD, a décrit dans son autobiographie sa première expérience sous acide. Le 19 avril 1943, sans se douter des effets de la molécule, il a absorbé une dose de cheval (250 µg) et enfourché son vélo. Une expérience commémorée chaque année sous le nom de « Bicycle Day ». Le pharmacologue Alexander Shulgin, considéré comme le père du MDMA et reconnu comme grand psychonaute, a même publié plusieurs ouvrages dans lesquels il raconte ses trips sous différentes drogues.

« Quand une nouvelle molécule sort, des têtes brûlées foncent et postent des TR très détaillés », raconte Vincent Benso de l’association Auto-support des usagers de drogues (ASUD). Ces « kamikazes », souvent membres du forum anglophone Bluelight, sont spécialisés dans l'exploration de nouvelles drogues de synthèse. « De tels reports ont une fonction de réduction des risques, car ils permettent d’apprendre des choses sur les dosages, les effets… Même le monde médical fréquente ces sites pour trouver des informations », affirme-t-il.

Du plus informatif au plus perché

Vincent Benso a coordonné en 2016 la recherche « ICI Drogues », au sujet des espaces virtuels utilisés pour échanger sur les drogues. Résultat : « Ce qui est problématique, c’est que des gens utilisent des sites comme Doctissimo ou Jeuxvideo.com pour poser des questions. Les réponses sont de bien meilleure qualité sur des forums de consommateurs. » Et la fabrication du savoir sur les drogues passe par les récits d’expérience, soit les reports. Vincent raconte : « Un mauvais TR, c’est quand la personne va sortir de la simple description, exagérer les effets ou oublier de dire qu’elle suit un traitement médicamenteux qui peut influencer la prise. » Il cite en exemples à suivre les reports anglophones, comme ceux publiés sur le site d’informations sur les psychotropes Erowid.

Sur le possible effet incitatif des TR : « Je pense que quelqu’un qui se tape 40 reports sur un produit a de toute façon envie de le tester », balaie Vincent. Sur les forums, la question se pose. Adrienne* a été plusieurs années administratrice de Lucid-State. « L’incitation était interdite, mais pas mal de gens décrivaient des expériences positives, avec des émotions chouettes. On prenait le parti de ne pas supprimer », dit-elle. Pour autant, la charte d’un report est précise : « Il faut donner le plus d’éléments factuels pour savoir si l’expérience peut ou non être reproduite. » Le contenu même du TR, lui, est bien plus libre. « On peut vraiment écrire des sortes de roman », explique la jeune femme.

« C’est plaisant à lire, mais il faut se rappeler que, derrière, quelqu’un a vraiment pris des risques. »

Charles*, psychonaute averti, a longtemps fréquenté ces forums. Si bien qu’il distingue deux sortes de TR. « Dans le premier cas, le rédacteur met en avant les effets d’une drogue sur son corps. On tend vers le rapport d’expérience médicale. C’est informatif mais pas fun, et généralement assez court. À la limite, si j’ai une idée des doses et des effets, je n’ai pas besoin d’un narrateur-personnage à qui m’identifier. Je me fous de ses hallus ou de son inaptitude sociale à acheter une pizza », raconte le trentenaire.

Il poursuit : « Dans le second cas, l’auteur met en lumière sa subjectivité. On a parfois des mauvais littérateurs nombrilistes, mais aussi de véritables aventures, avec tout ce qui peut arriver de bizarre à une bande de gens perchés. Récits de randonnées, d’excursions à Disneyland ou au Mont-Saint-Michel, de quêtes bizarres, de teufs introuvables et de soirées improbables, de désastres parfois… L’intérêt vient surtout de ce qui est vécu, décrit et pensé par l’expérimentateur/narrateur. » Mais pour ce Parisien, une chose est sûre : « On préférera lire le récit de quelqu’un qui a vu 36 000 chandelles plutôt que de celui qui se sera endormi devant sa télé. »

Un micro-genre littéraire

Même sur Erowid, réputé pour son sérieux, les TR les mieux rédigés — classés par drogue et type d’expérience (première fois, bad trip…) — bénéficient d’une note allant jusqu’à trois étoiles. D’où un enjeu littéraire. « Il y a des drogues moins intéressantes sur un plan intellectuel ou littéraire » affirme Charles. « Si je bois de l’alcool, ça n’intéressera personne. Alors que sous LSD, je pourrais raconter des pages pittoresques sur ce qui arrive dans mon salon. C’est plaisant à lire, mais il faut se rappeler que, derrière, quelqu’un a vraiment pris des risques. »

Normalienne agrégée de Lettres modernes, Hélène Rivière a lu pour Motherboard une sélection de TR. « Ce qui me frappe le plus, c’est l’idée de “témoignage” », analyse-t-elle. « On a un énoncé dirigé vers les autres et qui peut avoir vocation à leur servir de guide pour leur propre expérience. Parfois d’ailleurs, les personnes citent des reports qui leur ont servi de référence. Ça donne lieu à une sorte d’intertextualité où différents TR se répondent les uns les autres. »

Elle ajoute que, dans certains cas, « on sent une volonté claire d’introspection qui va avec une écriture de la sensation qui pourrait faire penser à certains poèmes de René Char ». De fait, nombreux sont les auteurs qui ont raconté leurs expériences sous drogue : Baudelaire, Henri Michaux, Jean-Paul Sartre, les auteurs de la Beat Generation…

« Nous, on a un demi-siècle de mémoire, de savoir empirique ou scientifique accessible, de films et de livres, d’expériences de pionniers »

Les TR ont donc aussi leurs lecteurs fans, comme Jérémie. En 2013, ce musicien et éditeur a lancé un fanzine dédié à ce micro-genre littéraire. « J’étais en coloc avec un pote, amateur de plantes psychédéliques, qui consultait énormément de TR sur Erowid. Moi, je venais de faire l’acquisition d’un risographe, idéal pour reproduire des documents. » Eurêka : Les deux amis se lancent dans un projet « fait maison » d’une quinzaine de pages, format A3. « Il y avait des TR anglophones barjots, avec une narration incroyable, drôle, limite tragique… D’où l’idée de réunir ces textes sur un support physique », se marre Jérémie.

Mais l’épopée de Zoï prend fin au bout de trois numéros. « On tirait de 50 à 100 exemplaires, distribués dans les bistrots, quand j’étais en tournée. Mais la machine s’est pétée avant la sortie du numéro quatre, et on avait d’autres chats à fouetter. Ça faisait beaucoup de boulot d’édition pour un délire qui ne nous rapportait rien ! »

Expériences à la fois psychédéliques et littéraires, les reports constituent un fonds considérable et protéiforme qui remodèle notre vision de la drogue. Charles conclut : « La différence entre ce qu’on pourrait appeler une « sous-culture de drogués » et les hippies, c’est l’information. Les hippies partaient de rien. Nous, on a un demi-siècle de mémoire, de savoir empirique ou scientifique accessible, de films et de livres, d’expériences de pionniers, de TR accessibles. On n’est pas seuls dans un coin avec une bande de potes et "les portes de la perception". »

* Les prénoms ont été modifiés.

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<![CDATA[La Russie a perdu le contrôle de son seul télescope spatial]]>https://motherboard.vice.com/fr/article/7xyg5a/la-russie-a-perdu-le-controle-de-son-seul-telescope-spatialFri, 18 Jan 2019 09:18:26 +0000La Russie a perdu le contrôle de Spektr-R, le satellite qui porte son seul télescope spatial.

Bien qu'il continue à orbiter normalement et transmettre des informations, Spektr-R a cessé de répondre aux commandes de ses responsables vendredi 11 janvier, rapporte la BBC.

Yuri Kovalev, directeur de recherche de la mission Spektr-R, a déclaré que la panne était survenue quand un signal venu de la Terre n'avait pas réussi à activer un transmetteur. L'origine du dysfonctionnement est encore inconnu. Cependant, l'agence de presse russe TASS a rapporté lundi 14 janvier que les rayons cosmiques pouvaient avoir endommagé les systèmes électroniques de Spektr-R.

Le fait que le satellite envoie toujours des messages concernant ses activités indique que le problème de communication n'a pas affecté le reste de l'appareil, de l'équipement scientifique aux autres systèmes.

« Cela signifie que notre satellite est vivant, qu'il dispose de l'énergie dont il a besoin, que l'équipement scientifique continue à fonctionner et qu'il est toujours sensé de vouloir rétablir le contact avec lui » a déclaré Kovalev. Les efforts de rétablissement des communications continuaient lundi 14 janvier.

Lancé en juillet 2011, Spektr-R est doté d'une parabole de dix mètres de diamètre. Cette antenne est conçue pour capturer les signaux radio de la Voie lactée et au-delà.

En tant qu'élément constitutif du programme international cis à Moscou RadioAstron, le satellite a permis aux scientifiques d'étudier des objets exotiques comme des quasars ou des trous noirs situés à plusieurs milliards d'année lumière de la Terre. L'orbite hautement elliptique de Spektr-R l'emmène à quelques 300 000 kilomètres de distance des radiotélescopes terrestres, ce qui lui permet de produire des images en très haute résolution.

La mission Spektr-R devait durer cinq ans. Dès lors, le satellite a déjà dépassé les attentes. Reste que sa perte définitive serait une bien mauvaise nouvelle pour la Russie, qui prévoit néanmoins de s'allier à des scientifiques allemands pour lancer son successeur dans le courant de l'année 2019. Son nom : Spektr RG.

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<![CDATA[L'étrange légende des ventilateurs assassins de Corée du Sud ]]>https://motherboard.vice.com/fr/article/zmabb8/letrange-legende-des-ventilateurs-assassins-de-coree-du-sudFri, 18 Jan 2019 07:45:00 +0000Si un jour vous allez en Corée du Sud en été, par pitié, ne branchez pas de ventilo dans votre chambre avant de dormir si vous fermez les portes et les fenêtres : vous risqueriez d’en mourir. Vous trouvez ça insensé ? Pour un esprit occidental, peut-être, mais la légende urbaine appelée « fan death » persiste dans la société sud-coréenne depuis plus d’un siècle — depuis l’introduction des ventilateurs personnels sur la péninsule, en fait.

Dit comme ça, ça peut sembler ridicule (au moins jusqu’à ce que l’on se penche sur nos superstitions hexagonales — après tout, beaucoup d'Européens pensent que les chats tuent les bébés en aspirant leur souffle), mais la croyance est si profondément ancrée dans les esprits qu’en 2006, la Korea Consumer Protection Board (KCPB), l’équivalent local de 60 Millions de consommateurs, listait l’« asphyxie par ventilateur électrique et air conditionné » dans les cinq accidents estivaux les plus récurrents.

Selon l’agence, 20 cas d’asphyxie de ce genre auraient été recensés entre 2003 et 2005. Le scénario invoqué dans les médias est toujours plus ou moins le même : un individu apparemment sain est retrouvée mort dans son lit à proximité d'un ventilateur. Le KCPB explique que « des minuteurs devraient être installés, le courant d'air mis en rotation, et les portes laissées ouvertes. » Ainsi, en Corée du Sud, les ventilateurs disposent de minuteurs et leurs manuels d’utilisation recommandent de laisser portes et fenêtres entrouvertes.

Le rapport va plus loin, puisqu’il fournit une explication « scientifique » au phénomène : les ventilateurs et climatiseurs, affirme-t-il, « causent la perte d’eau et l’hypothermie », mais également « la mort due à une augmentation de la concentration en dioxyde de carbone et la diminution de l’oxygène. » Selon le texte, les personnes âgées seraient particulièrement vulnérables — tout comme les gens bourrés, ajoute la croyance populaire.

Cette rumeur est évidemment fausse. Les risques d'asphyxie et d'hypothermie invoqués ne tiennent pas la route d'un point de vue scientifique, rapporte le site de fact-checking Snopes. Les ventilateurs ne refroidissent pas l'air, ils le font circuler. Et tant que la pièce n'est pas minuscule et fermée hermétiquement, tout devrait bien se passer côté dioxyde de carbone. Snopes conclut : « L'argument le plus probant contre la mort par ventilateur est que les gens qui utilisent des ventilateurs pendant la nuit dans d'autres pays n'en meurent pas. »

Reste qu'à la suite des canicules des années 1980 et 1990, l’Environmental Protection Agency (EPA) et le Center for Disease Control (CDC), deux institutions américaines respectables, ont déconseillé l'utilisation des ventilateurs dans des pièces fermées dans certains cas, évoquant l’effet de convection comme facteur mineur de déshydratation. En clair : utiliser un ventilateur dans une pièce fermée par 32 degrés ou plus peut accélérer l’évaporation de la sueur et déclencher une hyperthermie, un phénomène au cours duquel la chaleur du corps dépasse ses 37,5°C normaux. Reste qu'une hyperthermie devient potentiellement mortelle à partir de 41,5°C. Ça fait beaucoup pour un pauvre ventilateur.

Tout cela ne change rien pour le Pays du matin calme. Depuis 1927 et la parution d’un article intitulé « Étranges conséquences des ventilateurs électriques », la croyance tient bon chez les sud-coréens. Elle a même été ravivée en 2011 lorsqu’un Coréen de 59 ans a été retrouvé mort dans sa chambre fermée, un ventilateur pointé vers sa tête. Reste à savoir comment une telle légende a pu croître si profondément dans ce seul pays. D’aucuns spéculent que dans les années 1970, le gouvernement coréen aurait propagé la légende pour que ses citoyens utilisent moins d’électricité. Un peu léger pour instaurer une psychose nationale pendant 75 ans, quand même.

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zmabb8Thibault PrévostVICE StafflegendeCorée du Sudrumeurvrrrrventilateursasphyxie
<![CDATA[La grenouille « la plus seule du monde » a enfin trouvé une go]]>https://motherboard.vice.com/fr/article/59vny5/la-grenouille-la-plus-seule-du-monde-a-enfin-trouve-une-goThu, 17 Jan 2019 07:45:00 +0000Excellente nouvelle. « La grenouille la plus seule du monde », un temps considérée comme la dernière représentante de son espèce, ne va sans doute pas mourir seule. Une équipe de scientifiques vient en effet de lui trouver une copine dans une forêt bolivienne. L'amphibien solitaire ayant été baptisée Roméo, ils ont appelé sa partenaire Juliette, forcément.

Roméo est une grenouille Sehuencas. Il a été capturé en 2008 et transporté au Muséum d'histoire naturelle Alcide d'Orbigny de Cochabamba, en Bolivie. Les conservateurs de l'établissement espéraient créer un programme de reproduction en captivité pour son espèce. Roméo filant vers la mort (l'espérance de vie de la grenouille est d'environ 15 ans), leurs efforts sont peu à peu devenus désespérés, aucune Sehuencas n'ayant été remarquée à l'état sauvage depuis la capture du mâle. Et puis un miracle s'est produit.

Au cours d'une récente expédition dans une forêt de nuage bolivienne, des chercheurs ont découvert cinq grenouilles Sehuencas, trois mâles et deux femelles. Teresa Camacho Badani, directrice du service d'herpétologie du Muséum d'histoire naturelle Alcide d'Orbigny, raconte dans Global Wildlife Conservation qu'une énième journée de travail infructueux était en train de prendre fin lorsqu'elle a vu une grenouille sauter dans une mare avoisinante.

« Je suis entrée dans la mare alors que l'eau me tombait dessus, j'ai plongé mes mains au fond de l'eau et j'ai réussi à attraper la grenouille », explique-t-elle. « Quand je l'ai sortie de là, j'ai vu un ventre orange et j'ai soudain compris que ce que j'avais dans les mains n'était rien d'autre que la grenouille Sehuencas tant attendue. »

Les grenouilles ont été transportées au musée et resteront en quarantaine jusqu'à ce que Juliette soit présentée à Roméo, affirme Global Wildlife Conservation. Les scientifiques de l'établissement pensent que les deux amphibiens s'entendront bien.

« Roméo est vraiment calme et relax, il ne s'agite pas trop en général » a déclaré Badani à BBC News. « Il est en bonne santé et il aime manger, mais il est un peu lent et timide. »

Juliette, au contraire, est « vraiment énergique » d'après Badani. « Elle nage beaucoup, elle mange beaucoup, et elle essaye parfois de s'échapper. »

The research team on an expedition to a Bolivian cloud forest in search of Sehuencas water frogs.
Teresa Camacho Badani et des Sehuencas fraîchement capturées. Image: Stephane Knoll/Museo de Historia Natural Alcide d’Orbigny

Les scientifiques ont travaillé dur pour trouver une compagne à Roméo et alerter le public quant à la menace qui pèse sur son espèce. L'année dernière, des chercheurs ont créé un profil pour Roméo sur le site de rencontre Match.com. La biographie dit toujours : « Ce n'est pas pour faire le gros lourd dès le début, mais je suis littéralement le dernier de mon espèce. »

Badani a déclaré que son équipe continuerait à chercher des grenouilles Sehuencas. Les scientifiques aimeraient découvrir une ou deux populations saines à l'état sauvage afin d'étudier l'espèce de son habitat naturel et surveiller son exposition au champignon mortel.

Un compte Twitter au nom de Roméo s'est exclamé mardi 15 janvier : « MA JULIETTE EST TROUVÉE !!! Après une décennie, je ne suis plus la grenouille la plus seule du monde. »

On lui souhaite un bel accouplement et une fin plus enviable que son homonyme.

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<![CDATA[Les simulateurs de fusillade en milieu scolaire ne sont pas si bêtes]]>https://motherboard.vice.com/fr/article/59vnjn/les-simulateurs-de-fusillade-en-milieu-scolaire-ne-sont-pas-si-betesWed, 16 Jan 2019 13:11:52 +00002D vue du dessus, jolies couleurs, personnages aux proportions sympathiques : à première vue, Morimiya Middle School Shooting (MMSS), un jeu japonais lancé en décembre dernier et fraîchement traduit en anglais, est bien innocent. Il n'en est rien. Mis dans la peau d’une jeune écolière bien décidée à se venger de ses camarades, le joueur doit tuer et blesser le plus grand nombre d’individus possibles.

MMSS mesure l’étendue du massacre en comptant les points. Les quatre grandes classes de victimes ne se valent pas : les enseignants et enseignantes rapportent respectivement 100 et 200 « SP », les étudiants et étudiantes 300 et 400 « SP ». Les raisons de cette hiérarchisation restent obscures. De toute façon, difficile de s’en soucier pendant l’action. Il faut courir après les PNJ qui tentent de s’échapper, se défendre contre ceux qui ripostent et cueillir ceux qui attendent par terre en tremblant. L’air de rien, ça demande du skill.

Morimiya Middle School Shooting est presque un jeu de gestion. Vous avez quatre minutes pour perpétrer un carnage optimal en équilibrant votre endurance, votre précision et votre cadence de tir. Sprinter et tirer diminue la précision, viser réduit la vitesse, recharger prend du temps et vous expose aux contre-attaques qui font baisser la précision. Un mauvais déplacement ou un rechargement tardif et c’est la fin : les PNJ qui veulent vivre se jettent sur vous et vous coincent, game over. Si vous n’arrivez pas à la descendre alors qu’elle monte au contact, la yandere du bahut peut aussi mettre un terme précoce à votre entreprise.

À force de parties, on s’améliore et on entasse les SP. Ces derniers permettent d’acheter des armes classées par puissance, recul et taille du chargeur, mais aussi des capacités : tuer plus facilement le personnel enseignant, tuer plus facilement à bout portant, tuer plus facilement d’un seul coup, etc. On peut aussi s’offrir le skin de la protagoniste du prédécesseur de MMSS, Tag in the Hallway!, un jeu à défilement horizontal qui propose de commettre un massacre en milieu scolaire avec un couteau.

Le créateur de Morimiya Middle School Shooting et Tag in the Hallway! se fait appeler erikku ou kata235. Apparemment japonais, il s’est d’abord fait connaître par ses illustrations yuri façon ero-guro — des dessins mi-gore, mi-pornographiques qui mettent en scène des femmes homosexuelles.

Morimiya Middle School Shooting ne montre pas un téton. Cependant, erikku construit son personnage principal avec un sentimentalisme otaku un peu suspect : abandonnée par son père après le suicide de sa mère, la jeune femme a décidé d’imposer sa douleur à ses semblables pour se venger de leur indifférence. Impossible de lancer une nouvelle partie-tuerie sans lui faire traverser la maison familiale désormais remplie d’ordures et de souvenirs. Ce petit effort scénaristique distingue MMSS parmi les simulateurs de fusillade en milieu scolaire. En effet, le jeu d’erikku est loin d’être unique.

En mai dernier, Valve a annulé la sortie sur Steam d’un FPS mettant en scène l’attaque d’une école, Active Shooter, au motif qu’il s’agissait d’un « troll, conçu seulement pour faire scandale et déclencher le conflit par sa simple existence. » Mission réussie : en dépit de sa gueule de shovelware et du passif trollesque de son développeur, deux signes qui ne trompent pas, Active Shooter a fait un tel scandale qu’il a fini dans le New York Times.

Les « school shooting simulator » ne sont pas toujours des jeux. En juin 2017, l’armée et le département de la Sécurité intérieure américaine ont annoncé qu’ils avaient développé un simulateur de fusillade en milieu scolaire « d’entraînement » pour les forces de l’ordre. Intitulé EDGE pour « Enhanced Dynamic Geo-Social Environment », il permet d’incarner un policier, un professeur ou le tireur. Hormis quelques paumés sur des forums, l’idée n’a pas enchanté grand-monde.

Dans certains cas, les simulateurs de fusillade en milieu scolaire sont proches d’authentiques tueurs. V-Tech Rampagne et The Slaying of Sandy Hook Elementary, deux jeux flash du troll australien Ryan Lambourn, proposent de revivre les massacres de Virginia Tech et Sandy Hook dans la peau de leurs perpétrateurs respectifs, Cho Seung-Hui et Adam Lanza. Avant d’attaquer une école primaire, ce dernier s’était d’ailleurs procuré School Shooting, un jeu confidentiel « qui n’a de choquant que son titre » d’après Kotaku. Interrogé par le magazine, son créateur a déclaré que Lanza l’avait peut-être découvert sur un forum dédié au fameux Super Columbine Massacre RPG! — un jeu qui aurait d'ailleurs fait partie de la bibliothèque de l’auteur de la fusillade du collège Dawson.

Motherboard n’a pas trouvé de jeu vidéo sur le thème des tueries en milieu scolaire plus ancien que Super Columbine Massacre RPG! . Sorti en 2005, « SCMRPG » est un jeu au tour par tour qui met le joueur dans la peau d’Eric Harris et Dylan Klebold. Contrairement à Ryan Lambourn, son créateur Danny Ledonne n’a pas agi dans le but de semer le chaos mais plutôt d’explorer les causes et le traitement médiatique de la tuerie. SCMRPG est aussi un exercice d’introspection ; comme Harris et Klebold, Ledonne a beaucoup souffert du harcèlement à l’école. « J’étais une cible facile », avouait-il en 2006. « Ça a commencé au jardin d’enfants. [...] Quand on vous embête tous les jours, qu’on vous ostracise pas une fois, pas deux, mais pendant des années, votre perception de la réalité se déforme. »

Quels que soient leur profondeur, leur aspect ou leurs intentions, les jeux vidéo sur le thème des fusillades en milieu scolaire font toujours scandale lorsqu’ils sont découverts. Pourtant, avec un peu de mauvaise foi, on pourrait dire que jeter Morimiya Middle School Shooting et Active Shooter dans la même poubelle revient à mettre les films Elephant et Heart of America dans le même panier. Le scandale provient moins du sujet que de la réputation du jeu vidéo, une forme encore largement perçue comme immature ou trop immersive pour certains thèmes. En 2007, dans un article évoquant la polémique déclenchée SCMRPG, le New York Times décrivait ainsi le combat des développeurs expérimentaux : « Que faudra-t-il pour que leur médium soit perçu comme une forme d’art légitime ? De plus, les jeux doivent-ils essayer d’évoquer des sujets douloureux ou de mauvais goût ? »

Guitar Hero, Nintendogs, Morimiya Middle School Shooting et V-Tech Rampage ont un point commun : ils demandent l’engagement actif du joueur. Pour certains observateurs, cette interactivité empêche de comparer le jeu vidéo à des formes d’art plus passives comme le cinéma et pose un problème moral. Par elle, les œuvres violentes pourraient « transmettre » leur violence aux joueurs — un effet corrupteur déjà prêté aux comics dans les années 50 et qui reste à prouver. Après chaque tuerie en milieu scolaire, les préférences vidéoludiques du perpétrateur sont tout de même disséquées, parfois à charge. Adam Lanza n’aimait rien tant que Dance Dance Revolution mais c’est son intérêt pour les titres violents qui a retenu l’attention.

Les simulateurs de fusillade font scandale parce qu’ils ludifient des tragédies, mais aussi parce qu’ils horrifient (presque) tous les participants à la « guerre culturelle » concernant l’influence des jeux vidéo violents sur les meurtriers de masse. Pour ceux qui soutiennent que Doom a poussé Harris et Klebold au meurtre, ils sont un croisement immoral entre fiction et réalité, cause et conséquence — des genres de prophéties autoréalisatrices. Quant à ceux qui tentent de les défendre, ils sont souvent embarrassés par le côté provocateur de certains développeurs — Danny Ledonne est malheureusement assez unique en son genre. À propos d’un mod basse-qualité pour Half-Life 2 intitulé School Shooter : North American Tour 2012, le site de critique vidéoludique The Escapist se désolait ainsi en 2011 :

[Ce jeu] ne fera qu’alimenter l’argumentaire des activistes anti-jeux. Aux côtés de Postal 2 et Manhunt, il sera considéré comme un exemple de la dépravation morale du gaming. Plutôt qu’entraîner l’industrie vers des formes narratives innovantes et fantastiques, School Shooter : North American Tour 2012 fait un énorme pas en arrière, droit dans l’adolescence foireuse du gaming.

En clair, les school shooting games foutent la honte à la grande majorité des gens qu'ils intéressent. Mais s'il en va ainsi, c'est parce qu'ils cristallisent des antagonismes qui les dépassent. Après la sortie de The Slaying of Sandy Hook, Ryan Lambourn a déclaré :

Les libéraux ne m’aiment pas parce que j’ai manqué de respect aux morts, les conservateurs ne m’aiment pas à cause du message pro-contrôle des armes à feu, les conspirationnistes ne m’aiment pas parce que [le jeu] risque d’informer les gens sur ce qui s’est vraiment passé, et les trolls ne m’aiment pas parce qu’il n’était pas assez provocateur.


Comme les événements dont ils traitent, les simulateurs de fusillade en milieu scolaire attirent les commentateurs intéressés comme la respiration attire les moustiques. Les débats bruyants qu’ils déclenchent sur les médias, l’art, l’éducation, la violence et tant d’autres sujets plats et compliqués font vite oublier leur véritable intérêt : nous rappeler que les tueurs de masse en milieu scolaire — ces enfants tueurs d’enfants qu’il est plus facile de considérer comme des droïdes bugués par les jeux vidéo violents, la maladie mentale ou l’accès aux armes à feu — sont des humains, comme le plus innocent des gamers, et qu’ils peuvent être compris. En ce sens, Morimiya Middle School Shooting est plus fin que la plupart des éditoriaux qui fleurissent dans les grands quotidiens américains chaque fois que le nombre de morts dépasse les 10.

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<![CDATA[Comment savoir si vous avez été hacké]]>https://motherboard.vice.com/fr/article/bjeznz/comment-savoir-si-vous-avez-ete-hackeTue, 15 Jan 2019 08:51:10 +00001547223434408-steam-securite

Cela entraînera la déconnexion de toute autre personne connectée à votre compte. Et nous vous suggérons ensuite de… Changer votre mot de passe, quelle surprise.

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<![CDATA[L'agonie d'une étoile a permis de mesurer la vitesse d'un trou noir]]>https://motherboard.vice.com/fr/article/7xyg9d/lagonie-dune-etoile-a-permis-de-mesurer-la-vitesse-dun-trou-noirMon, 14 Jan 2019 09:52:14 +0000Des astronomes de la NASA ont observé un trou noir supermassif qui tourne sur lui-même à une vitesse d'au moins 600 millions de km/h, soit environ la moitié de la vitesse de la lumière.

Pour mettre cela en perspective, cela signifie que ce trou noir — dont le diamètre est 300 fois supérieur à celui de la Terre — accomplit une rotation complète à peu près toutes les deux minutes.

Un article publié mercredi dernier dans Science explique que l'équipe de scientifiques a pu relever ces mesures sans précédent en utilisant les observations d’un ensemble de télescopes à rayons X situés dans l’espace, dont le télescope Chandra de la NASA.

Les astronomes ont pu observer plus de 300 000 cycles de rotation, ce qui leur a permis d'établir les mesures concernant les trous noirs supermassifs les plus précises de l’histoire.

Le trou noir, situé à environ 290 millions d’années-lumière de la Terre, a été remarqué par les astronomes pour la première fois en 2014 après qu’une soudaine lumière a été détectée par les télescopes optiques. Après une analyse plus poussée, les astronomes ont découvert que cette lumière provenait du déchiquetage d'une étoile par un trou noir supermassif.

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Une image optique et une image à rayons X du trou noir. Image : NASA

Tandis que les restes de l’étoile basculaient sous l’horizon des événements du trou noir, les astronomes ont pu surveiller les émissions de rayons X produites par cette fin tragique en utilisant trois télescopes basés dans l’espace, dont Chandra. (Au-delà de l’horizon des événements, aucune lumière ou autre type d’énergie peut échapper à l’immense force gravitationnelle du trou noir.)

Puisque les trous noirs n’émettent pas eux-mêmes de lumière ou d'autre type d’énergie, la seule façon de mesurer leur vitesse de rotation est de regarder d’autres objets graviter autour d’eux et d’extrapoler à partir de ces observations. Les scientifiques ont remarqué que les rayons X atteignaient un pic toutes les 131 secondes, ce qu’ils ont attribué au gaz chaud gravitant autour du trou noir. On pourrait comparer ce phénomène à la rotation d'un phare.

Ce n’est pas la première fois que les scientifiques utilisent des variations dans les émissions de rayons X pour mesurer la vitesse d'un trou noir. Cependant, les observations précédentes de ce type étaient limitées à des trous noirs seulement un peu plus massifs que le Soleil. Même si quelques trous noirs supermassifs ont également été observés de cette manière, les astronomes ont seulement été capables d’enregistrer un petit nombre de cycles de rotation, ce qui réduit leurs certitudes concernant ces trous noirs.

Selon un communiqué de la NASA, les chercheurs impliqués dans le projet espèrent que leur découverte va encourager les astronomes à rechercher des événements similaires et une meilleure compréhension de la manière dont les étoiles interagissent avec les trous noirs.

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<![CDATA[Demandez à Siri de faire des maths, elle sortira un beat]]>https://motherboard.vice.com/fr/article/59vxqk/demandez-a-siri-de-faire-des-maths-elle-sortira-un-beatFri, 11 Jan 2019 11:07:23 +0000Un billion puissance dix peut être noté 1 x 10¹²⁰.

Si vous demandez à Siri de le lire à voix haute, ce nombre invraisemblable peut aussi se transformer en bout de beat... Disons, intéressant. Après l'avoir découvert il y a quelques semaines, ces étudiants ont décidé d'en faire un beat complet en frappant leurs poignets et leurs stylos sur la table. Ce n'est pas encore All Star de Glohan mais ça peut passer.

Lundi 7 janvier, @kid_chrissy a hypnotisé Twitter en diffusant une vidéo de son amie @jenreles1, la productrice Indya Slaughter, tapant un crayon et un stylo sur le « zero zero zero zero zero... » de Siri. Ce vendredi 11 janvier, la vidéo avait obtenu plus de 70 000 retweets.

Les imitateurs ont accouru en masse après que @kid_chrissy a baptisé l'exercice de rythme « #SiriChallenge ».

Ce n'est pas la première fois que les talents de beatmaker de Siri font parler d'eux. Après tout, l'assistant d'Apple existe depuis neuf ans. En janvier 2016, quelques vidéos montrants des gens superposant des beats sur les calculs de Siri avaient déjà reçu pas mal d'amour sur Internet. En juillet de la même année, plusieurs étudiants en avaient même fait un genre de morceau.

Fût un temps, les écoliers s'amusaient en tapant 35383773 sur leur calculette grisâtre. Grâce à Siri, cette ère est enfin révolue.

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<![CDATA[Sur le jeu de piraterie Atlas, l'affrontement tourne au racisme]]>https://motherboard.vice.com/fr/article/59vxvq/sur-le-jeu-de-piraterie-atlas-laffrontement-tourne-au-racismeFri, 11 Jan 2019 07:45:00 +0000Début décembre, alors que la communauté des jeux massivement multijoueur attendait avidement la dernière mise à jour du Skull & Bones d’Ubisoft, un autre MMORPG basé sur la piraterie, Atlas de Grapeshot Games, a débarqué presque sans prévenir. Presque, car Atlas a complètement foiré son lancement. Prévu pour le 13 décembre en accès anticipé et porté par une grosse hype qui le comparait notamment au jouissif Sea of Thieves, le jeu a finalement été repoussé à la semaine suivante... Puis un journée plus tard. Comme départ, on a vu mieux.

Ce vendredi 12 janvier, presque trois semaines après son lancement, Atlas affiche des critiques « plutôt négatives » sur Steam... Et squatte néanmoins sa liste des meilleures ventes depuis le premier jour. Le jeu divise tellement que Kotaku a décidé de laisser ses lecteurs se faire un avis en compilant les commentaires lâchés par les joueurs sur la plateforme de Valve.

En dépit de tous ses bugs, le titre de Grapeshot Games intrigue et amuse. Les joueurs parcourent terre et mer pour trouver de quoi manger, commercer, s'armer toujours plus, combattre des monstres mythologiques, faire des câlins à des pingouins et tenter de repousser leurs bourreaux : des hordes de joueurs chinois ultra-coordonnés, omniprésents et impitoyables. Car dans ce monde ouvert de 45 000 km², aucune rivalité n'est plus incandescente que celle qui oppose la « Chine » — ou, du moins, les joueurs qui parlent chinois — au reste du monde.

Les équipages sinophones, terreurs des mers

Lorsque vous débutez sur Atlas, le jeu ne balance pas votre pauvre avatar de n00b dans la mêlée et vous réserve une petite zone le temps d’apprendre les bases. Vous commencez comme un naufragé : bite et couteau à la main, vous devez secouer les cocotiers pour vous sustenter. Quelques niveaux plus tard, vous pouvez bricoler un rafiot et naviguer vers le large pour entrer sur la map, la vraie, celle où s'entassent 40 000 joueurs en simultané. Cette énorme zone jouable est constituée d'une chaîne de « zones-serveurs » de 150 joueurs que rien n'empêche de s'étriper à vue. Dans ce chaos, la stratégie la plus logique consiste à trouver des copains et créer des « compagnies ». Les deux maps PvP d’Atlas, une nord-américaine et l'autre européenne, encouragent ces alliances. C'est tout l’intérêt de ce MMO de pirates : fondre sur l’ennemi tel un seul homme avec une flottille surarmée et faire un carnage au milieu de l'océan. À ce jeu-là, visiblement, les joueurs chinois sont de loin les meilleurs.

Les membres du plus gros subreddit consacré à Atlas se plaignent souvent de la présence de groupes de joueurs chinois. Ultra-coordonnés, ces derniers démoliraient méthodiquement tout nouvel entrant dans les serveurs PvP. Les victimes racontent tous la même histoire, avec diverses nuances de WTF : à peine arrivés sur les terres (et mers) hostiles, leurs bateaux se font oblitérer par des flottes battant pavillon chinois. « Ils se foutent de votre niveau, ils vont vous trouver et détruire votre rafiot » écrivait un joueur le 29 décembre. « Ça n’a rien à voir avec des compétences, tout ce qu’ils ont, c’est le nombre. » Des vidéos des massacres tournent et la frustration gronde, au point que certains joueurs accusent les Chinois de cheat, de hack et de duperie. Un barrage de mauvaise foi qui vire parfois au racisme.

Mots-clés « interdits » et Grand Firewall

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Un navire manifestement conçu pour embêter les Chinois. Image : Imgur

Interrogé par PC Gamer, l'un des modérateurs de r/atlas rappelle que la situation n'est pas inédite : sur les serveurs du jeu de survie Ark : Survival Evolved, le précédent jeu de Grapeshot Games, les joueurs chinois s'écharpaient déjà avec le reste du monde. Il explique : « Sur Atlas, les choses ont vraiment dégénéré parce que c'est un jeu de type MMO de grande échelle. »

La tension monte, les accusation de racisme fusent pendant les discussions, le champ lexical durcit et les stratégies deviennent carrément limite. Customiser son bateau en mettant le drapeau américain sur ses voiles ? Pourquoi pas. Afficher la bannière libertarienne « Don’t tread on me », Ronald Reagan, le Dalaï Lama et la photographie de l'Homme de Tian'anmen côte à côte sur sa voilure, en revanche, c’est plus limite. Un peu comme pendre des joueurs chinois et exposer leurs cadavres, même si c'est permis par le jeu.

Certains rageux tentent de faire déborder l'affaire dans le meatspace en balançant une liste de mots soi-disant interdits par le Grand Firewall de Chine (des mentions à Tian’anmen, notamment) dans le chat du jeu. Cette suite de mots-clés est supposé déclencher des déconnections ou des arrestations. Contacté par Motherboard, Charlie Smith, un membre de l'ONG chinoise de lutte contre la censure GreatFire, rapporte que cette vilaine tactique ne fonctionne pas — et même qu'elle peut valoir des ennuis à son auteur : « Les autorités chinoises ne peuvent fouiner que si les serveurs et l'entreprise sont sis en Chine et opèrent en tant qu'entités chinoises. [...] Dans certains cas, cette tactique peut se retourner contre les gamers anti-Chinois, car des gamers chinois peuvent prendre des captures d'écrans des joueurs qui diffusent ces mots-clés. Si l'identité numérique du joueur est liée à son identité réelle, il peut finir sur une liste et se voir refuser un visa touristique pour la Chine. »

Malheureusement, ce n'est pas la première fois qu’une partie toxique du monde des MMO s’attaque à la communauté chinoise au point d’appeler les studios à les exiler sur des serveurs dédiés, rappelle PC Gamer : la même histoire s’est déjà produite sur Player Unknown Battlegrounds (PUBG) et avant ça sur Dota 2. Certes, cette mesure permettrait de réduire les problèmes de latence rencontrés par les joueurs occidentaux lors de leurs escarmouches avec les clans chinois. Sauf que Wildcard a déjà répondu à sa communauté que le jeu ne serait pas « region locked ». En attendant, le subreddit du jeu a commencé à modérer plus fermement les propos des utilisateurs et les posts les plus agressifs ont disparu. Contrairement à l’armada chinoise qui, elle, devrait continuer à terroriser les sept mers.

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