Fumer des cerveaux de vautour en Afrique du sud

Faut-il préserver la culture des Sangomas, vieille de plusieurs siècles, ou tenter de régler ce que les biologistes appellent "la grande crise du vautour africain" ?

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08 août 2017, 8:52am

Dans cet épisode de la série Symbiotic, qui explore les relations entre les humains et leur milieu, notre équipe s'est envolée pour Johannesbourg afin de mieux comprendre les liens sacrés entre les Sangomas, les guérisseurs traditionnels d'Afrique du sud, et les vautours, une espèce menacée d'extinction.

Certains Sangomas voient les vautours comme un symbole de chance et un intermédiaire entre le monde physique et le monde spirituel. Ils organisent des cérémonies au cours desquelles les cerveaux de vautour sont fumés ou consommés sous forme liquide afin de s'attirer la protection des esprits et atteindre l'illumination.

Cependant, certaines organisations écologistes, comme VulPro fondée par Kerri Wolter, voient en ces animaux un précieux indicateur de la santé des écosystèmes. Non seulement certaines espèces de vautours africains sont menacées d'extinction mais l'équilibre de leur milieu naturel est mis en péril : chassés en masse par les braconniers qui les revendent aux Sangomas, les vautours n'assument plus leurs fonction d'éboueurs naturels, ce qui favorise la diffusion des maladies dans les populations animales.

Ce mini-documentaire illustre les tensions entre sciences de l'environnement et traditions religieuses, et nous expose un conflit moral complexe : faut-il préserver une culture vieille de plusieurs siècles, ou tenter de régler ce que les biologistes appellent "la grande crise du vautour africain" ?