Paul Atreides défoncé à l'épice dans Dune. Capture d'écran. 

Soma, épice et Substance D : une brève histoire de la drogue dans la fiction

Devenir invisible ou immortel, voyager dans l'espace-temps, changer de forme... Dans la fiction, tout cela est possible grâce à la drogue.

|
sept. 6 2017, 7:44am

Paul Atreides défoncé à l'épice dans Dune. Capture d'écran. 

Du haut de ses 4 000 ans, l'Épopée de Gilgamesh est souvent considérée comme la plus vieille oeuvre littéraire connue. Or, ses dernières pages parlent de drogue : dans les ultimes chapitres de l'ouvrage, un roi désespéré cherche une substance qui lui permettra de retrouver sa jeunesse.

"Il existe une plante qui ressemble à un lyciet… Si tu parviens à t'en emparer, tu seras à nouveau comme tu étais dans la jeunesse, explique Gilgamesh à son batelier mort-vivant Ur-shanabi au cours de ce qui pourrait bien être le premier effort de classement des drogues dans la fiction. Cette plante, Ur-shanabi, est la plante d'immortalité. Grâce à elle, un homme peut retrouver sa vigueur."

Ensuite, Gilgamesh dévoile son intention de tester sa réserve de plantes d'immortalité sur un berger vieillissant et, bien sûr, non-consentant. Cela fait sans doute de lui le premier héros à menacer d'intoxiquer un senior pour le rendre immortel, mais ce n'est pas le sujet. L'idée principale, c'est que la drogue dans l'Épopée de Gilgamesh est à la fois un ressort scénaristique et un symbole (dans le cas du vieux roi, elle représente sa peur de la mort et ce qu'il est prêt à faire pour y échapper).

Les oeuvres qui ont succédé à l'Épopée de Gilgamesh ne manquent pas d'humains intoxiqués qui permettent aux auteurs d'interroger les sciences, l'ordre social et la nature humaine. La littérature parle de drogue fait preuve d'une remarquable capacité à refléter et disséquer les angoisses du présent dans lequel elle a été produite : les peurs et aspirations d'une époque transparaissent souvent dans les bad trips des personnages. De temps à autres, cette littérature permet même de prédire le futur.

Les drogues sont taillées pour la science-fiction, un genre qui extrapole souvent sur les dernières tendances sociales et technologiques. Ce sont des ressorts scénaristiques bien utiles : un personnage peut prendre un cachet, manger une plante, boire un elixir et se transformer du tout en tout sans que la logique du récit soit remise en cause. Ce faisant, le drogué peut explorer nos désirs les plus profonds ou transcender nos aspirations et nos inquiétudes contemporaines au fil du récit. Et si nous n'étions pas destinés à mourir ? Et si nous pouvions nous transformer en quelqu'un d'autre, nous vautrer dans nos désirs les plus primaires ? Que se passerait-il si la science pouvait nous rendre plus intelligents ? Nous permettre de lire dans les pensées de nos semblables ? De voyager dans l'espace ? Le temps ? De devenir invisible ?

Entre Gilgamesh (2100 av. J.-C.) et, disons, Limitless (2015), nos conteurs ont exploré toutes les possibilités scénaristiques offertes par la drogue. (Allez faire un tour sur l'interminable page List of fictional medicines and drugs de Wikipedia.) Les mythes, histoires et légendes qui ont surgi au cours de ces quelques 3 000 ans n'ont pas manqué d'inventer des substances psychotropes fictives. Dans l'Énéide de Virgile, ceux qui consomment les eaux du fleuve Léthé perdent la mémoire avec délice. Une étape indispensable pour quiconque espère rejoindre l'Élysée.

L'obsession de nos oeuvres de fiction pour les drogues telles que nous les connaissons aujourd'hui (des mixtures, sérums et autres elixirs chimique ou botaniques que nous consommons volontairement dans le but d'altérer notre état mental et physique), cependant, est probablement apparue au 19ème siècle.

Dans la nouvelle The Mortal Immortal (1833) de Mary Shelley, le protagoniste dérobe une potion de vie éternelle à son patron alchimiste et en avale une lampée. Bilan : il voit ses amis et ses amours mourir un à un, et perd peu à peu l'esprit. Dans Alice au pays des merveilles, Lewis Carroll altère l'état physique de son héroïne à l'aide de potions, de gâteaux, de champignons. (Même si l'opium était légal à l'époque et en dépit de l'influence de Jefferson Airplane sur la réputation de l'écrivain, les chercheurs pensent que Carroll ne consommait pas de drogue.)

Le plus vieux drogué fictionnel de référence est sans doute le scientifique fou de L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde (1886) de Robert Louis Stevenson. Le sérum que consomme le docteur Jekyll ressemble à un puissant mélange d'alcool et d'amphétamines qui transforme son corps et le libère de toute inhibition. La substance en question fait office d'interrupteur bon/mauvais, homme/bête, on/off qui permet à Stevenson d'explorer la faiblesse morale de l'homme (et de commenter la sienne au passage, sans doute). Certains historiens soutiennent que l'écrivain a rédigé la nouvelle pendant une session cocaïne qui a duré six jours.

Une affiche des années 1880. Image : Library of Congress

Tous les éléments-clés des premières histoires de drogue sont là. Elles reposent sur ce que nous autres, rejetons de "l'âge d'or de la télévision", pourrions considérer comme les caractéristiques de l'anti-héros : le personnage (presque toujours un homme) découvre (ou vole) une nouvelle substance qui lui permet de se transformer comme jamais il ne l'aurait cru possible. L'homme ingère la substance sans trop réfléchir. L'homme devient fou, monstrueux, ou meurt.

Le premier virtuose du genre était probablement HG Wells, qui a rédigé des cargaisons entières de travaux consacrés à la drogue. Mentionnons L'Homme invisible (1897), dans lequel un savant fou utilise une cocktail chimique pour se rendre invisible, et Le Nouvel Accélérateur (1901), dans lequel un autre savant fou concocte une drogue qui déchaîne ses capacités cognitives et ralentit le monde qui l'entoure.

Vous avez sans doute remarqué que toutes ces histoires suivent un modèle caractéristique, qui veut que l'arme de choix des méchants scientifiques soit toujours la drogue. Les laboratoires clandestins hérissés de verrerie bouillonnante et les tables d'opération souillées sont parmi les pierres angulaires de la science-fiction originelle, et ce n'est pas un hasard. Toutes ces oeuvres de fictions sont un écho de l'émergence des sciences et de l'industrie pharmaceutiques, que la revue Chemical & Engineering situe entre 1870 et 1930. Pile quand ces romans ont vu le jour, donc.

La littérature d'anticipation manque rarement de se montrer sceptique vis-à-vis de la science et de la technologie. Ces histoires de savants fous et drogués ne dérogent pas à la règle. En fait, toutes les angoisses que la drogue suscite aujourd'hui apparaissent déjà dans ces oeuvres : l'abus de substances conçues pour offrir un plaisir temporaire, la perte de contrôle au contact de molécules qui augmentent nos capacités, la consommation compulsive.

Dans ces oeuvres, cependant, les drogues n'affectent que le savant fou et les quelques malheureux qui croisent le chemin de sa technologie maudite.

L'idée d'une consommation de drogue encouragée, voire encadrée par la société est plus tardive. Son émanation la plus célèbre est sans doute Le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley. Dans ce roman publié en 1932, les habitants d'un Londres dystopique sont maintenus dans un état de calme artificiel à l'aide d'une drogue légale distribuée par l'État, le soma. Si Marx avait voulu créer une forme littéraire de son "opium du peuple", il n'aurait pas fait mieux. Aujourd'hui, Le Meilleur des mondes reste l'un des précurseurs les plus frappants de l'âge du Lexomil.

Soma. Image : Alejo/Flickr

Aldoux Huxley écrit : "À présent – voilà le progrès – les vieillards travaillent, les vieillards pratiquent la copulation, les vieillards n'ont pas un instant, pas un loisir, à arracher au plaisir, pas un moment pour s'asseoir et penser, ou si jamais, par quelque hasard malencontreux, une semblable crevasse dans le temps s'ouvrait béante dans la substance solide de leurs distractions, il y a toujours le soma, le soma délicieux, un demi-gramme pour un répit d'une demi-journée, un gramme pour un week-end, deux grammes pour une excursion dans l'Orient somptueux, trois pour une sombre éternité sur la Lune ; d'où, au retour, ils se trouvent sur l'autre bord de la crevasse, en sécurité sur le sol ferme des distractions et du labeur quotidiens (...)."

Tout ceci semble bien familier. Stevenson, Wells et Huxley ont imaginé les amphétamines, le Viagra, l'Adderall et le Xanax de notre époque il y a de ça des décennies. (Au début du 20ème siècle, quand la science-fiction a commencé à retenir l'attention du public, les drogues de contrôle mental et d'augmentation des performances étaient un ressort scénaristique en vogue.)

Bien sûr, toutes les histoires de drogue ne sont pas des tribunes anti-substances. En 1960, au contraire, la consommation de molécules psychotropes était si souvent dépeinte sous un angle positif que le gouvernement des États-Unis a décidé de lancer une enquête pour déterminer si ces histoires de science-fiction poussaient les lecteurs au vice.

En 1974, le National Institute on Drug Abuse (NIDA) a commandé un rapport au prolifique auteur de science-fiction Robert Silverberg, Drug Themes in Science Fiction. (Aujourd'hui, la mission de la NIDA, qui dispose d'un milliard de dollars de budget annuel, est de "mener la Nation à faire appel au pouvoir de la science pour peser sur la consommation de drogue et l'addiction".) J'ai trouvé un exemplaire numérique du document, photocopié depuis un ouvrage emprunté dans une librairie du Maine, sur le forum pour consommateurs de drogues Erowid.

"Deux manières de percevoir l'utilisation de drogues psychotropes se sont manifestées dans la science-fiction, écrit Silverberg. La première est un avertissement : pour elle, toute utilisation extraordinaire de drogues extraordinaires risque de corrompre la fibre morale du consommateur, ce qui mène à la lassitude et au pourrissement généralisé de l'individu ou de la société et, à terme, éventuellement, de la mise en place d'un régime totalitaire."

Cet angle a dominé la fiction jusqu'à ce que les hippies, l'acide et la psilocybine déboulent des années 60, enfantant une nouvelle manière de percevoir la drogue en littérature. "[Elle] est visionnaire et utopique : pour elle, l'utilisation de drogues peut permettre à l'humanité d'atteindre des pouvoirs spirituels ou psychologiques hors de portée en temps normal, et ce faisant d'entrer dans une nouvelle phase d'existence supérieure, poursuit Silverberg. Cette vision des choses est beaucoup plus répandue depuis 1965, quand l'utilisation de substances hallucinogènes et euphorisantes par les classes moyennes de l'occident industrialisé a commencé à prendre l'aspect d'un glissement culturel majeur."

1965 a été une année charnière pour la science-fiction, en grande partie grâce à la publication du Dune de Frank Herbert, peut-être l'ouvrage le plus populaire de son genre. Toute l'intrigue de ce roman repose autour des drogues et plus précisément du "mélange", ou de "épice". Entre autres choses, l'épice rend possible la manipulation de l'espace-temps indispensable au voyage interstellaire, les visions prophétiques et la récolte de profits suffisants pour faire tourner un empire intergalactique. Dans Dune, l'épice est la clé de l'univers, tout simplement. Le héros, Paul Atreides, n'a d'autre choix que rejoindre une secte de nomades toxicomanes et d'ingérer de l'épice pour devenir le Kwisatz Haderach, la figure christique de la saga, et renverser les tyranniques Harkonnen qui ont tué son père et fait main-basse sur les mines d'épices.

L'épice dans Dune. Capture d'écran.

On vous l'accorde, tout ça est plutôt trippant. Il y a une bonne raison à cela : Herbert a déclaré au célèbre mycologue Paul Stamets qu'il s'était largement inspiré de ses propres expériences avec les champignons hallucinogènes pour écrire le roman. Aux côtés du LSD, ces derniers étaient devenus un élément majeur de la contre-culture des "psychedelic 60s".

Dans son propre roman A Time of Changes (1971), Robert Silverberg se montre encore plus explicite dans sa bienveillance vis-à-vis des drogues : une société de pauvres ères découvre une drogue qui permet à ses consommateurs de communiquer par télépathie, et ainsi d'ouvrir leurs esprits et restaurer la paix et la prospérité.

Depuis, la drogue et son tourbillon bigarré de philosophies se sont diffusés dans la culture mainstream. La drogue est partout. Bien que j'aie déjà glosé sur un certain nombre de substances fictives (Prenons The Diabolical Drug de 1929, dans lequel le monde se fige autour des consommateurs, ou la drogue anti-sommeil de He Never Sleeps, 1934), il est désormais impossible de répertorier toutes les doses de substances imaginaires qui ont fini dans le système de la pop culture.

Notons tout de même que les drogues imaginaires de notre temps ont commencé à se rassembler en grandes familles. Pour le plaisir, voici la liste de ces genres de substances qui ont l'honneur d'être en vogue pendant les beaux jours de la fiction hallucinée :

Les drogues qui augmentent les performances humaines et autres stimulants extraordinaires. Son représentant le plus fameux est sans doute le lait aux amphétamines de l'Orange mécanique d'Anthony Burgess, le moloko plus. Dans un registre plus jovial, mentionnons l'aphrodisiaque Drogue de Vénus dans ce célèbre épisode de Star Trek diffusé en 1967. Nous voulons tous être plus fort, plus sexy, plus formidable. Dans la fiction, cependant, emprunter un raccourci synthétique est rarement une bonne idée.

Capture d'écran d'Orange mécanique

Les drogues qui déforment la réalité, celles qui emmènent les opiacés et les psychédéliques au-delà des limites humaines. La pharmacopée de Philip K. Dick déborde de molécules hallucinogènes de ce genre, de la Substance D ou "mort lente" d'A Scanner, Darkly à la neuroïne de Minority Report. La "viande noire" du Festin Nu de William Burroughs mérite également d'être mentionnée : cette substance est si "délicieuse" et addictive que ses consommateurs mangent leur propres vomissures pour prolonger la défonce. Ces fictions explorent la partie sombre du rêve psychédélique, de l'addiction et du risque de dérapage définitif dans l'éther.

Les drogues qui soignent. Déjà populaire pendant l'Antiquité, cette famille continue à faire le bonheur des écrivains de science-fiction. Elles sont rarement au centre de l'histoire lorsqu'elles n'accordent pas l'immortalité, sans doute parce que le simple soin n'est pas assez palpitant. Du coup, elles se présentent plutôt sous la forme de remèdes magiques. Pensez au liquide dans lequel Luke Skywalker est immergé après avoir perdu son bras dans l'Empire contre-attaque. De temps à autres, elles sont des remèdes psychologiques. Le "Dylar" inventé par Don DeLillo dans White Noise, par exemple, fait oublier la peur de la mort.

Les drogues parapsychologiques. Ces substances ouvrent les portes de la télépathie ou de la télékinésie, comme dans le Scanners de David Cronenberg, où elles sont administrées en secret à des bébés destinés à alimenter les rangs d'une secte de fonctionnaires capables de s'emparer des esprits et faire éclater les têtes. Pour la plupart totalement fantaisistes, ces fictions s'accommodent des théories du complot et des métaphores contondantes : le gouvernement ou les multinationales contrôlent tout, y compris votre esprit.

Évidemment, l'explosion kaléidoscopique des drogues ne pouvait pas durer toujours. Personne n'échappe à la descente. Dans les années 80 et 90, le cyberpunk a tout saccagé. La consommation de drogues est redevenue sale, addictive et prohibitive. Désormais, elle servait à réfléchir à notre relation de dépendance à la technologie.

Dans Le Neuromancien (1984), le texte fondateur du cyberpunk, le protagoniste Henry Case se fait griller le cerveau par des mycotoxines soviétiques, une blessure qui le laisse incapable de se connecter au cyberespace. Il est également accro à des drogues bien réelles, jusqu'à ce qu'une greffe de tissu synthétique sur le pancréas le rende imperméable à la dépendance. Le titre original du Samouraï virtuel (1992), Snow Crash, fait référence à une nouvelle drogue de synthèse consommée en réalité virtuelle par des hackers. En plus de menacer leur vie dans le monde réel, cette substance est un virus susceptible de faire disparaître l'humanité. Elle est également partout.

"Attends une seconde, Juanita. Il faut que tu te décides. Ce truc, le Snow Crash… C'est un virus, une drogue, ou une religion ?" demande le protagoniste quelque part dans le roman. La réponse de Juanita est prévisible : "Quelle est la différence ?"

Capture d'écran de Matrix

Dans Matrix, la pilule rouge arrache Neo au monde des machines et libère sa conscience de leur emprise.

"La science-fiction est un guide pour l'instant présent tout en annonçant notre destination, écrit Silverberg dans Drug Themes in Science Fiction. Un genre littéraire si populaire auprès de la jeunesse, au coeur d'une communauté si intense et dévouée, peut être révélateur des tendances qu'adopteront les sociétés contemporaines dans les années à venir."

Ces derniers temps, les drogues qui augmentent les performances humaines ont fait un retour remarquable dans la science-fiction. Nous sommes retournés à l'époque de HG Wells et de son New Accelerator. Le NDZ-70 de Limitless, par exemple, permet à ses utilisateurs d'emmagasiner un savoir surnaturel et d'apprendre n'importe quoi en quelques jours seulement. Dans Lucy, Scarlett Johansson est transformée en super-créature ultra-intelligente et hyper-efficace par un nootropique similaire. Dans le reboot de Jude Dredd, Dredd, la drogue récréative Slo-Mo sert de pilier à l'intrigue. Grâce à elle, le temps semble passer cent fois moins vite ; pratique, lorsque l'on souhaite se soustraire au stakhanovisme numérique permanent.

Nous rêvons désespérément d'une drogue qui nous aidera à dompter l'âge des flux de données. Le toxicomane de Limitless a beau être un blaireau, tout finit par rouler pour lui : il trouve un moyen de rester défoncé à jamais et de profiter d'un stimulant sans en payer le prix. Après tout, peut-être que nous délirons déjà et que notre cervelle est trop grillée pour que nous puissions nous en rendre compte.

Même les efforts du proto-drogué Gilgamesh se soldent par un échec. Un serpent dévore sa cache à herbe d'immortalité pendant sa sieste. Défait et à sec, il rentre à la maison. Là, il salue la gloire de sa ville comme la seule forme véritable d'immortalité. Enfin, quelqu'un grave son histoire dans une tablette de lapis lazuli. La drogue n'a jamais valu le coup ; bien vivre, si.

Ceci étant dit, force est de reconnaître que nous connaissons l'histoire de Gilgamesh aujourd'hui, quatre millénaires après son existence. Peut-être que les drogues ont fait effet.