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Theories

Selon Elon Musk, nous vivons probablement dans une simulation

Elon Musk affirme qu'il y a "une chance sur plusieurs milliards" que notre réalité ne soit pas une simulation créée par une intelligence supérieure.

Jason Koebler

Jason Koebler

Image: DoctorPopular/Flickr

Mercredi soir, Elon Musk, le patron de SpaceX et Tesla, s'est livré à un exercice auquel il se plie de temps à autre : répondre à des questions venant du public, en donnant des réponses qui laissent croire qu'il réfléchit à chacune d'entre elles depuis des années. En général, c'est le cas.

Franchement, vous pouvez prendre n'importe quelle phrase prononcée par Musk à la Recode Code Conference et en faire un article : il veut envoyer des humains sur Mars avant 2025, affirme que SpaceX s'apprête à tester la fusée la plus puissante du monde cette année, que Mars n'est pas « le pire des endroits où mourir », souhaite faire redécoller une fusée Falcon 9 déjà utilisée d'ici quelques mois, assure que nous sommes déjà des cyborgs, laisse entendre que la démocratie directe serait sans doute le meilleur système politique pour une colonie martienne, etc.

Selon les questions, on aboutit à des discussions que tous les étudiants en philo ou en école d'ingénieurs ont déjà eues en étant plus ou moins défoncés. Nous avons déjà évoqué la plupart de ces sujets sur Motherboard. Mais comme Elon Musk a réussi ces derniers temps à fabriquer des fusées qui parviennent à réatterrir toutes seules et des voitures qui se conduisent toutes seules, et qu'il travaille actuellement à faire quitter la Terre à la race humaine, on l'écoute un peu plus attentivement que la moyenne des étudiants défoncés.

Mon passage préféré de cette session de questions-réponses est probablement le plus « Motherboard » de tous. Musk a affirmé qu'il y avait « une chance sur plusieurs milliards » que nous ne vivions pas dans une simulation informatique, ce qui signifie donc qu'il croit fermement à l'hypothèse selon laquelle une intelligence artificielle super évoluée a créé notre univers.

"Il y a une chance sur plusieurs milliards que nous soyons dans la "vraie" réalité"

« L'argument le plus fort en faveur de cette hypothèse, selon laquelle nous vivons probablement dans une simulation, est le suivant : il y a 40 ans, nous avions Pong, c'est-à-dire deux rectangles et un point, a expliqué Musk. Voilà à quoi ressemblaient les jeux. Aujourd'hui, à peine 40 ans plus tard, nous avons des simulations en 3D ultra réalistes auxquelles des millions de gens jouent simultanément. Et tout cela s'améliore chaque année. Bientôt, nous aurons la réalité virtuelle et la réalité augmentée, donc les jeux vont devenir impossibles à distinguer de la réalité. »

Nous avons déjà évoqué cette hypothèse, qui a été initialement formulée par le philosophe britannique Nicholas Bostrom en 2003. Selon l'hypothèse, il existe trois explications possibles à la nature de notre univers. Autrement dit, l'une des trois affirmations suivantes est vraie :

  • 1.Nous vivons littéralement dans une simulation informatique.
  • 2.Les civilisations les plus avancées détestent produire des simulations « ancestrales » - c'est-à-dire qu'elles n'ont aucune envie de simuler ce qui correspond grosso modo à des jeux vidéo de leur passé.
  • 3.Quelque chose détruit toutes les civilisations avant qu'elles atteignent le point où elles sont technologiquement capables de simuler la conscience.

Comme l'écrivait notre collègue Maddie Stone dans un article consacré à une hypothèse presque similaire, il apparaît de plus en plus probable que notre univers soit un hologramme, ce qui signifie soit que des pans entiers de la physique nous échappent encore, soit que tout a été créé par une intelligence supérieure. La communauté scientifique s'intéresse également de plus en plus à la nature même de la réalité : le Fermilab mène actuellement les toutes premières expériences en vue de déterminer si nous vivons réellement dans un hologramme, même si les premiers résultats n'ont pas été très parlants.

Elon Musk croit fermement que, des trois possibilités énoncées par Bostrom, c'est la première qui est correcte. Il pense que comme nous créons déjà des simulations d'à peu près tout (sérieux, on a des simulateurs d'assemblage de meubles Ikea) et que la puissance de nos ordinateurs ne cesse de croître, nous finirons fatalement par être capables de créer des réalités entièrement simulées.

« Même si la vitesse à laquelle notre technologie progresse devait être divisée par mille, cela finira par arriver d'ici 10.000 ans au maximum, ce qui n'est rien à l'échelle de l'évolution. Étant donné que nous allons bientôt avoir des jeux impossibles à distinguer de la réalité et qu'on pourra jouer à ces jeux sur des boîtiers, des PC ou tout autre type de support, sachant qu'il existera des milliards de ces ordinateurs ou appareils, il est logique de penser que notre réalité n'a qu'une chance sur plusieurs milliards d'être la réalité de base, a déclaré Musk. Dites-moi si j'ai tort. Y'a-t-il la moindre faille dans ce raisonnement ? »

Il estime que la première des trois possibilités de Bostrom est la plus agréable ; les autres sont plus sinistres que l'idée selon laquelle la réalité n'est pas vraiment réelle.

« Il y a une chance sur plusieurs milliards que nous soyons dans la "vraie" réalité. C'est ce que je pense. Nous devons espérer que j'aie raison, car autrement, si notre civilisation cesse d'évoluer, ce sera sans doute à cause d'un événement terrible qui l'éliminera totalement, donc nous devons peut-être espérer vivre dans une simulation. Sinon, nous créerons des simulations indistinguables de la réalité, ou notre civilisation cessera d'exister. Ce sont les deux options », a déclaré Musk.

Pourquoi devrions-nous nous soucier de la nature de la réalité ? Eh bien, c'est l'une de ces questions existentielles qui nous donnent à réfléchir tout en n'étant pas complètement absurdes. Comme je l'ai dit plus haut, c'est un super sujet de conversation avec des amis au bar, ou quand vous avez consommé certaines substances. Évitez peut-être juste d'aborder le sujet avec votre rencard Tinder.

« J'ai eu tellement de discussions à ce sujet, c'est fou, a raconté Musk. À tel point que presque toutes mes conversations finissaient par concerner l'intelligence artificielle ou les simulations. Avec mon frère, on a fini par interdire ces conversations dès lors qu'on faisait quelque chose d'un peu romantique, parce que ça ruinait tout. »