Une étude prouve une bonne fois pour toutes que l'homéopathie ne fonctionne pas

Ceux qui y croient encore vivent très dangereusement.

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24 février 2016, 6:00am

Image : Bild.

Au mieux, c'est un placebo ; au pire, elle peut s'avérer mortelle. C'est ainsi qu'on pourrait résumer le résultat d'une vaste étude collective sur l'homéopathie réalisée par des chercheurs australiens. Un groupe d'experts du Conseil australien de la santé nationale et de la recherche médicale (NHMRC) ont ainsi passé en revue 176 études sur le sujet, prenant en compte le traitement de 68 maladies différentes, sans parvenir à y trouver une seule preuve réelle de l'efficacité des traitements homéopathiques.

Paul Glasziou, à la tête de ce groupe de travail, a publié il y a quelques jours sur l'un des blogs de The British Medical Journey un résumé du déroulement de l'étude et a souligné l'approche impartiale et rigoureuse de son équipe : « Qui aurait pu croire, de prime abord, que les ulcères étaient causés par des bactéries, ou que des vaccins contre le cancer existeraient un jour ? Nous étions donc curieux de savoir ce qu'il en était. Mais nous avons cessé de chercher après avoir lu dans le détail 176 études qui parvenaient toutes aux mêmes conclusions. »

"Ceux qui choisissent l'homéopathie mettent leur santé en danger s'ils tardent à prendre des traitements dont l'efficacité est démontrée."

Les évaluateurs n'ont pris en compte que des études ayant eu recours à des groupes de contrôle, c'est-à-dire où des groupes ayant reçu un traitement homéopathique étaient comparés à des groupes n'ayant reçu aucun traitement. « Ces études infaillibles indiquaient toutes que l'homéopathie n'avait aucune efficacité. C'est une impasse thérapeutique », assure Paul Glasziou.

Les études concernées couvraient un éventail de maladies très large, y compris l'arthrite ou le cancer de la bouche. Mais ce qui a choqué le groupe de chercheurs, c'est que certaines organisations n'hésitaient pas à préconiser l'homéopathie pour traiter des maladies infectieuses telles que le VIH ou le paludisme. La conclusion de leur étude collective se veut donc plus que claire : « L'homéopathie ne convient en aucun cas pour le traitement des maladies chroniques ou des maladies graves. Ceux qui choisissent l'homéopathie mettent leur santé en danger s'ils rejettent ou tardent à prendre des traitements dont l'efficacité est démontrée. »

Les résultats publiés par les chercheurs australiens ont toutefois peu de chances de mettre un terme au vieux débat sur l'efficacité de l'homéopathie. L'Institut britannique de recherche homéopathique a déjà rédigé une réponse à l'étude du NHMRC. Et on peut voir dans les commentaires à l'article de Glasziou que certains ne sont pas prêts à cesser d'y croire. « Juste un autre exemple de quelqu'un qui n'a encore jamais essayé l'homéopathie », dit simplement l'un d'entre eux.