Apres 1 an dans l'espace, Scott Kelly est convaincu qu'il faut sauver la planète

À peine rentré sur Terre, l'astronaute américain en a gros sur le coeur.

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mars 7 2016, 10:38am

Image : capture d'écran de la NASA.

Après 340 jours passés à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS) – le plus long séjour jamais effectué par un astronaute de la NASA – le commandant Scott Kelly est de retour sur Terre, où il médite sur son année passé en orbite. Lors d'une conférence de presse donnée vendredi, l'astronaute a exprimé son point de vue sur une mission habitée vers Mars, l'utilité de la réalité virtuelle dans l'espace, et sur la façon dont un an passé à regarder la Terre d'aussi loin avait changé sa vision de l'environnement.

Si lui et son frère jumeau, Mark, doivent encore subir une année entière de tests physiques dont les résultats seront ensuite analysés afin de comprendre l'impact sur le corps humain d'un séjour si long en apesanteur, Scott Kelly a partagé ses premières impressions après son retour mercredi.

« La vraie surprise, c'est qu'un an, c'est très long, a-t-il expliqué. J'ai eu l'impression d'y avoir passé toute ma vie. Ça m'a paru beaucoup plus long que je ne le pensais. »

Kelly a ensuite ajouté que, comparé aux séjours plus courts qu'il avait effectués à bord de l'ISS, le choc physique était nettement plus intense à son retour sur Terre cette fois-ci. Il est davantage victime de courbatures et de fatigue, et sa peau est devenue extrêmement sensible, à tel point que le simple fait de porter des vêtements ou des chaussures engendre une sensation de brûlure. Kelly manque aussi de coordination alors qu'il se réadapte à la gravité ; il a par exemple eu beaucoup de mal à mettre le moindre panier lors d'une petite session basketball jeudi. Mais il se veut optimiste et pense qu'un vol plus long ne poserait a priori aucun problème pour un astronaute bien entraîné.

« Personnellement, je pense qu'aller sur Mars, ce qui prend deux ans ou deux ans et demi, c'est tout à fait faisable, dit-il ainsi au sujet d'une potentielle mission vers la Planète Rouge. Etre les premiers à y aller, ça sera une sacrée motivation : devenir les premières personnes à mettre les pieds sur Mars ! »

Kelly a également beaucoup insisté sur le fait que le temps qu'il a passé dans l'espace a développé sa conscience environnementale. Depuis l'ISS, il a ainsi pu observer de nombreux phénomènes environnementaux – la pollution en Asie, les incendies en Californie – ainsi que la fragilité de notre atmosphère, devenue très mince.

« De là-haut, on remarque à quel point notre atmosphère est fine, à quel point elle a l'air fragile, et c'est très inquiétant quand on voit l'ampleur de la pollution, a déclaré Kelly. Nous devons prendre soin de notre environnement. Les gens disent qu'il faut "sauver la planète", mais la planète va très bien s'en sortir. C'est nous qui allons avoir des problèmes. »

Pendant leur séjour à bord, les membres de l'équipage ont mené plusieurs expériences, dont l'une consistait à tester un casque HoloLens. Kelly pense que la réalité augmentée et la réalité virtuelle pourraient s'avérer très utiles pour travailler dans l'espace, surtout si les appareils sont connectés avec une équipe de techniciens sur Terre. Une procédure de maintenance, par exemple, pourrait être effectuée en portant un casque de réalité augmentée qui diffuserait des instructions juste sous les yeux de l'astronaute, alors que des experts situés à plusieurs milliers de kilomètres lui indiqueraient quels outils utiliser ou quelles manœuvres effectuer. Les casques testés par l'équipage étaient aussi équipés d'un jeu simulant une invasion extraterrestre, ce qui n'a pas eu l'air d'inquiéter les astronautes outre mesure.

« Il y a un jeu dans lequel des vaisseaux extraterrestres pénètrent à l'intérieur de l'ISS, et vous devez alors vous en débarrasser en leur tirant dessus avec votre doigt. On y jouait pas mal, et ça ne rendait personne malade. C'était assez fun », raconte Kelly.

Après son retour sur Terre, son premier repas fut une banane bien mûre – un choix étonnamment approprié étant donné qu'il était apparu vêtu d'un costume de gorille à bord de l'ISS- et quand il put enfin rentrer chez lui, au Texas, il se jeta immédiatement dans sa piscine :

« Je rêvais de me plonger dans l'eau, a-t-il confié. On se débrouille sans douche quand on est à bord, et on ne se sent pas vraiment sales, mais croyez-moi, on rêvait de plonger dans une piscine. Alors c'est ce que j'ai fait. »