Comment une tempête solaire a failli déclencher la Troisième guerre mondiale

Ça s'est joué à pas grand-chose, mais la Troisième guerre mondiale a pu être évitée grâce à la science.

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23 janvier 2017, 6:00am

En 1967, une tempête solaire a failli déclencher la Troisième guerre mondiale.

On était alors à l'apogée de la Guerre Froide. Les Etats-Unis surveillaient donc de près leurs radars chargés de détecter d'éventuels missiles soviétiques se dirigeant vers les Etats-Unis ; sauf que lesdits radars se trouvèrent un jour très perturbés par une énorme tempête électromagnétique à la surface du Soleil.

Cette vidéo Youtube signée SciShow Space explique comment une mauvaise interprétation des signaux aurait pu déclencher une guerre, et comment la crise a finalement été évitée.

Tout d'abord, il est important de comprendre comment fonctionnent les tempêtes solaires. Le soleil est composé de plasma, des particules chargées extrêmement chaudes. Sur la surface du soleil, qu'on appelle photosphère, toutes ces charges électriques créent des champs magnétiques très puissants. Quand ceux-ci ont généré trop d'énergie, elle est expulsée sous forme de tempête solaire, qui éjecte des nuages d'ions de plasma et de radiations dans l'espace.

Quand les radiations approchent de la Terre, elles sont attirées vers les pôles nord et sud par le champ magnétique de la planète. C'est ce qui provoque des phénomènes comme les aurores boréales : des molécules d'air situées dans la haute atmosphère absorbent de l'énergie provenant des particules chargées présentes dans le plasma et émettent une lueur.

Cependant, si la tempête est particulièrement forte et qu'une quantité inhabituelle de radiations électromagnétiques se dirige vers la Terre, les molécules d'air ne peuvent pas absorber toute l'énergie, et celle-ci atteint la surface de la planète. C'est ce qu'il s'est passé le 18 mai 1967, quand l'US Air Force a distingué un vaste groupe de tâches solaires - des régions plus froides et magnétisées de la photosphère - et en a déduit qu'une tempête était en train de se produire.

Cinq jours plus tard, le 23 mai, le soleil a émis l'une des plus grosses rafales d'ondes radio de l'histoire. Celles-ci avaient une fréquence de 440 mégahertz, soit la fréquence utilisée par les stations radar des Etats-Unis et de leurs alliés pour détecter les missiles nucléaires soviétiques. Grâce au Ballistic Missile Early Warning System (BMEWS), les Etats-Unis disposaient de quinze minutes pour lancer une contre-attaque si jamais ils détectaient une attaque nucléaire.

Et donc, pendant la tempête solaire, la North American Air Defense Command, chargée de la défense aérienne du territoire américain, détectait des signaux étranges. Les ondes radio émises par le soleil submergeaient les détecteurs du BMEWS, donnant ainsi l'impression que les stations avaient été brouillées, ce qui peut être interprété en temps normal comme un acte de guerre et le signe que des missiles avaient été lancés.

On a donc bien failli donner l'instruction à l'Armée de riposter et de lancer des missiles en direction de l'URSS, ce qui aurait à n'en pas douter poussé les Soviétiques à attaquer les Etats-Unis en retour. Cela aurait donné lieu à une guerre nucléaire mondiale.

Fort heureusement, les météorologues américains spécialistes des tempêtes solaires ont prévenu juste à temps leurs collègues du BMEWS, leur signalant que les étranges fréquences observées étaient dues à la tempête solaire. Il n'y eut donc pas d'attaque, et en 1967, on évita la Troisième guerre mondiale grâce à la science.