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Les open directories sont tout ce qui reste du bon Internet

Notre cri d'amour pour les « répertoires ouverts », ces longues listes de liens bleus qui cachent soit de la camelote, soit des merveilles.

Jason Koebler

Jason Koebler

Image : Shutterstock

L’Internet d’aujourd’hui ressemble de plus en plus à la télévision par satellite. Comment a-t-on pu en arriver là ? Au milieu des années 2000, il ressemblait plutôt à une jungle remplie de trésors. Reddit, Twitter, Instagram, Facebook, en boucle. Le réseau nous coince dans des clôtures individuelles qui nous ramènent immanquablement à ces grands pôles. Le contenu change tous les jours, bien sûr. C’est juste tout le temps la même chaîne, comme à la télévision.

J’ai retrouvé un peu de la magie que je ressentais en surfant sur le web de mon adolescence grâce aux open directories, ces « annuaires ouverts » qu’on pourrait comparer à des brocantes ou des vide-greniers. Très simplement, ce sont des listes de liens directs vers des fichiers. Beaucoup de ces fichiers sont inutiles – mais pas tous.

Les open directories sont des dossiers qui ont été uploadés sur un serveur non-spécifié, souvent dans le but de les rendre accessible de manière beaucoup plus agréable dans un autre coin d’Internet. Si j’avais un site appelé jason.com, jason.com/files me servirait à entasser les images et les vidéos que j’aimerais montrer sur ma page d’accueil ; si vous vous rendez directement à cette adresse, vous ne trouverez qu’un longue liste de liens. Et à moins que j’aie utilisé des noms de fichiers particulièrement descriptifs, vous n’aurez pas la moindre idée de ce qu’ils contiennent.

Pour être clair, les open directories ne sont même pas de véritables sites web, ce sont des dossiers par défaut que vous utilisez pour téléverser des fichiers à l’aide du FTP ou héberger des contenus que vous voulez (ou ne voulez pas) afficher ailleurs.

Les open directories peuvent être des failles ou des erreurs (mais pas toujours). Beaucoup d’entreprises et de grandes agences se sont illustrées en entreposant des données sensibles là où quiconque pouvait les trouver. L’année dernière, l’État de Géorgie a laissé la base de données de ses électeurs et les mots de passe des employés des bureaux de vote dans un open directory ouvert aux quatre vents sur un serveur central.

Mettre la main sur des informations sensibles n’est pas exactement mon truc. Par contre, beaucoup d’internautes utilisent les répertoires ouverts pour partager de grandes quantités de fichiers - et ça, c’est mon truc. Le subreddit qui leur est dédié contient des liens vers des milliers d’open directories sans mots de passe. On y trouve des livres, des films, des émissions de télévision, des images, des ROMs et des manuels de jeux vidéo, des magazines, du porno, des cours en ligne et, surtout, des pochoirs pour découper sa citrouille comme il faut.

Comme les liens des open directories sont toujours textuels, chaque clic est une aventure. Vous vous douterez peut-être un peu de ce qui vous attend en cliquant sur « mario.png », moins si vous décidez de découvrir « tesla.pdf ». Le scientifique ? La voiture ? La bobine ? Impossible de savoir avant d’avoir cliqué.

Pour une raison ou une autre, je trouve les open directories fascinants. Ils sont comme une expédition archéologique, un portail vers un âge numérique plus simple. Puissent-ils ne jamais disparaître.