agriculture

La nouvelle serre de l'ISS a produit sa première récolte

Les quelques brins de blés sortis de l'Advanced Plant System représentent « la première véritable tentative d'étude des cycles agricoles dans l’espace. »

Becky Ferreira

Becky Ferreira

Tous les jardiniers du monde courent après le bonheur et la fierté de faire grandir une belle plante. Aujourd’hui, les jardiniers de l’espace peuvent aussi poursuivre cette grande satisfaction au sein de l’International Space Station (ISS).

Une vidéo en time-lapse diffusée mercredi dernier par la NASA montre la première utilisation de l’Advanced Plant Habitant (APH), une installation conçue pour faire grandir des végétaux dans l’espace. C’est court — dix secondes — mais émouvant : en un instant, du blé nain et de l’Arabidopsis (une petite plante herbacées) jaillissent et s’emmêlent entre les parois de métal.

La vidéo s’achève sur la première récolte permise par l’APH, qui a été installée dans l’ISS l’année dernière. (Motherboard avait eu la chance de visiter le laboratoire responsable de son développement avant qu’il ne soit mis en orbite.) L’astronaute Joe Acaba a préparé le dispositif en insérant les graines dans l’APH en février dernier et la machine a fait le reste à l’aide d’un système en circuit fermé, le Plant Habitat Avionics Real-Time Manager, ou PHARMER. Hmm.

Tout au long de la croissance du blé et de l’Arabidopsis, le PHARMER a récolté des données à l’aide de 180 capteurs conçus pour suivre la température, l’humidité, le niveau de lumière, l’aspect des plantes… Tout le nécessaire pour réussir son petit coin de verdure.

Cette expérience n’est pas inédite : l’ISS a déjà vu naître et grandir plusieurs végétaux en bonne santé. Ses astronautes ont même pu goûter certaines des laitues qu’ils avaient fait grandir dans de précédents incubateurs, notamment le Veggie plant system. Cependant, explique la NASA, l’APH est bien « la première véritable tentative d'étude des cycles agricoles dans l’espace. »

« Nous pouvons déjà faire grandir des petites plantes, et nous serons un jour en mesure de passer de graine en graine, affirme le responsable du projet APH, Bryan Onate, dans un communiqué. Cela signifie qu’une large gamme de plantes venues de la Terre pourraient être cultivées de génération en génération parmi les étoiles. Si nous pouvons obtenir des graines qui sont viables dans l’espace et engendrer plusieurs générations, nous aurons franchi une étape capitale. Avec l’APH, nous possédons l'environnement nécessaires à ce genre de tests. »

Il conclut : « Nous avons essayé de créer une petite Mère Nature. »