Un astéroïde énorme a été repéré quelques heures avant de nous frôler

De mémoire d'humain, aucun caillou spatial ne nous a frôlé de plus près que 2018 GE3.

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18 avril 2018, 8:56am

Image : Shutterstock

Dimanche 15 avril à 18 heures, heure de Paris, des astronomes du Steward Observatory Cataline Station, dans l’Arizona, ont reperé un astéroïde lancé dans notre direction à presque 110 000 km/h. Le diamètre de ce caillou baptisé 2018 GE3 a été estimé à 110 mètres, autant qu’un terrain de football. D’un calcul rapide, les scientifiques ont pu déterminer qu’il nous frôlerait le jour suivant, et de près. Peu après, ils ont découvert que 2018 GE3 était le plus gros astéroïde connu à avoir frôlé la Terre d’aussi près. Sa dernière visite remontait à 1930.

Le jour suivant, 2018 GE3 est passé au-dessus de nous sans incident, à exactement 192 317 kilomètres de la couche supérieure de notre atmosphère. Ça peut sembler beaucoup, si l’on oublie que l’espace est infini et que la Lune est à seulement 400 000 kilomètres de nous.

Que se serait-il passé si 2018 GE3 nous avait percuté ? Pour comparer en s’amusant, on peut évoquer la météorité qui a explosé au-dessus d’une lointaine forêt russe en 1908. L’événement de la Toungouska — c’est ainsi qu’on l’appelle — n’a tué personne pour une seule raison : il s’est produit dans un coin complètement désert de notre planète. Il a tout de même rasé les arbres sur 200 kilomètres. On estime aujourd’hui que le corps responsable de cet événement mesurait 60 à 190 mètres de diamètre.

L’autre météorite qui a explosé au-dessus de la Russie en 2013, le superbolide de Chalyabinsk, ne mesurait que 20 mètres de diamètre. D’après les médias nationaux, il a tout de même envoyé 1 500 personnes à l’hôpital après que l’onde de choc a brisé des milliers de fenêtres.

Reste une question, la plus importante : mais pourquoi n’avons-nous pas vu 2018 GE3 plus tôt ?

Pour la revue Livescience, le problème tient à l’aspect des astéroïdes : souvent petits et sombres, ils passent inaperçus dans le ciel immense. La plupart des astéroïdes sont faits de roches qui ne reflètent pas la lumière ; pour les repérer, nulle autre solution que braquer nos télescopes dans la bonne direction au bon moment. Cette méthode demande que des dizaines de télescopes scrutent l’espace en permanence.

La NASA héberge un programme de détection des astéroïdes appelé Planetary Defense (que c'est dramatique !). Le site Internet du programme explique qu’il a pour mission d’« assurer la détection précoce d’astéroïdes et comètes potentiellement dangereux », mais aussi de « coordonner les efforts du gouvernement américain en cas d’impact ».

L’observatoire qui a détecté 2018 GE3 l’a signalé aux scientifiques de la NASA, qui ont déterminé qu’il ne représentait pas une menace pour nous. Vu que vous êtes en train de lire ces lignes, vous savez qu’ils avaient raison. Tout juste raison.